domenica 2 giugno 2013
Amare il capitale fino a vederlo bello
Gilles Lipovetsky, Jean Serroy: L’esthétisation du monde: vivre à l'âge du capitalisme artiste, Gallimard
Risvolto
On connaît la rengaine, tant elle semble réaliste : richesse du monde,
appauvrissement des existences ; triomphe du capital, liquidation des
savoir-vivre ; surpuissance de la finance, «prolétarisation» et
unification des modes de vie, par l’industrialisation de la camelote
kitsch et des produits jetables, interchangeables, insignifiants – le
capitalisme est une machine de déchéance esthétique et d’enlaidissement
du monde.
Est-ce si sûr?
Le style, la beauté, la mobilisation
des goûts et des sensibilités s’imposent chaque jour davantage comme des
impératifs stratégiques des marques : le capitalisme
d’hyperconsommation est un mode de production esthétique.
Dans les
industries de consommation, le design, la mode, la publicité, la
décoration, le cinéma, le show-business des produits chargés de
séduction sont créés en masse. Ils véhiculent des affects et de la
sensibilité, ils agencent un univers esthétique proliférant et
hétérogène par l’éclectisme des styles qui s’y déploie. Partout le réel
se construit comme une image en y intégrant une dimension
esthétique-émotionnelle devenue centrale dans la compétition que se
livrent les marques.
Tel est le capitalisme artiste, lequel
se caractérise par le poids grandissant des marchés de la sensibilité,
par un travail systématique de stylisation des biens et des lieux
marchands, par l'intégration généralisée de l'art, du «look» et de
l'affect dans l'univers consumériste. Créant un paysage économique
mondial chaotique tout en stylisant l’univers du quotidien, le
capitalisme est moins un ogre dévorant ses propres enfants qu’un Janus à
deux visages.
Categorie Nel matrimonio d’interesse tra forze produttive e arte c’è pure un po’ d’amore
Steve Jobs e Matteo Renzi vogliono redimerci con l’estetica del mercato (che ha trionfato)
Guido Vitiello La Lettura
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